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Rapport d'Activité 2004-2007 , et la synthèse

Publications

Les axes de recherche du LAL s'inscrivent dans le domaine de la dynamique des systèmes gravitationnels et de la planétologie dynamique. Actuellement, ils concernent les systèmes de satellites de Jupiter et de Saturne. Cette recherche contient deux axes complémentaires : une étude théorique de la dynamique des systèmes et une analyse des observations qui contraignent cette dynamique. 
Depuis 2006, la recherche s'étend aussi à la dynamique à long terme des comètes.

Thèmes de Recherche:
    *      Dynamique des systèmes des satellites des grosses planètes
    *      Planétologie dynamique
    *      Dynamique des comètes
et plus précisément:
    *      Amélioration et extension des éphémérides des satellites de Saturne
    *      Scénario de formation de la résonance Laplacienne (Jupiter)
    *      Projet pour la mission vers Europe
    *      Rotation de Titan
    *      Marée d'Encelade
    *      Propagation des erreurs dans les éphémérides de satellites
    *      Dynamique à long terme des comètes
    *      Étude des processus de capture de satellites de planètes

Mouvement des satellites principaux de Jupiter et de Saturne
Analyse d'observations
Étude de la dynamique des comètes
Rotation de Titan
Observations de radiometeores


Mouvement des satellites principaux de Jupiter et Saturne
Il s'agit du problème de la dynamique des satellites galiléens de Jupiter (Io, Europe, Ganymède et Callisto) et des 8 satellites principaux de Saturne (Mimas, Encelade, Téthys, Dioné, Rhéa, Titan, Hypérion et Japet), ainsi que les petits satellites lagrangiens de Téthys et de Dioné. 
Dans les modélisations, une précision compatible avec le niveau de précision actuel des meilleures observations terrestres (0'',05 degrés en astrométrie et 0'',02 en phénomènes mutuels) est recherchée. Elle doit aussi être compatible avec celle atteinte par les observations des missions GALILEO et CASSINI (de l'ordre de 5 km). Ce niveau est pratiquement atteint pour ce qui concerne la précision interne. Quant à la précision externe, limitée par la précision sur les conditions initiales, elle est estimée à environ 0",02 (une centaine de kilomètres).

Satellites principaux et satellites lagrangiens de Saturne:
En ce qui concerne les principaux satellites de Saturne, la version  actuelle de TASS (Théorie Analytique des Satellites de Saturne) est capable de restituer les positions des satellites à 10 km près,  sauf pour Mimas (50 km), Japet (100 km) et Hypérion (250 km).  Le modèle a été construit de manière complètement analytique par rapport aux paramètres physiques (masses des satellites,  coefficients d'aplatissement de Saturne  J2 ,  J4  et  J6 et aux constantes d'intégration. 
Tous les paramètres de TASS (masses, coefficients d'aplatissement de la planète, conditions initiales) ont ensuite été ajustés. Ceci a permis une bonne détermination des masses des satellites ainsi que les coefficients d'aplatissement de Saturne. Cette détermination est en bon accord avec celle basée sur les mesures faites par les sondes spatiales. Les écarts entre les positions calculées par la théorie et celles mesurées ont ainsi été réduits, avec une moyenne quadratique globale de  0''15. Mais surtout, contrairement aux anciennes représentations, celle issue de TASS garde sa capacité prédictive sur un temps plus long, c’est-à-dire qu’elle ne dérive pratiquement pas. Cela illustre la notion de cohérence dynamique qui est à la fois la capacité à prédire des positions, et aussi la capacité de la théorie à déterminer les paramètres.
Une nouvelle réduction basée sur les toutes dernières observations a été effectuée, dans le but notamment de prédire la position de Titan lors d'une occultation stellaire par ce satellite,  le 14 novembre 2003.
En étudiant l'évolution, sous l'effet des marées, de la résonance Mimas-Téthys, nous avons montré que le fait de considérer - pour Téthys - une orbite très légèrement excentrique change radicalement la vision que l'on avait jusqu'à maintenant de la dynamique de cette résonance. Les résultats trouvés révèlent la richesse insoupçonnée de la dynamique du système résonnant Mimas-Téthys et résolvent un problème demeuré longtemps sans solution satisfaisante. Notamment du fait d'une capture dans une résonance secondaire, la probabilité de capture du système dans la résonance principale apparaît bien plus élevée que ce que donnaient les anciennes estimations.
Quelques essais de détermination plus précise  de l'excentricité de Téthys ont été menés ; l'incertitude obtenue est encore trop élevée pour pouvoir conclure correctement sur l'amplitude de la résonance secondaire.
Les théories d'Hélène, Télesto et Calypso ont été revues et ajustées sur près de 20 ans d'observation. Ce travail a été fait en collaboration avec Pascal Oberti (de l'Observatoire de Nice), à l'origine de la théorie de ces satellites lagrangiens de Téthys et Dioné.

Satellites galiléens de Jupiter:
Comme dans le cas des satellites de Saturne, la prédiction de la position des satellites galiléens de Jupiter atteignait, avec l'ancienne représentation, la précision d'environ 300 km. Cette théorie n'avait pas une très haute précision interne et, de plus, n'avait pas été construite de manière dynamiquement consistante. Ce fait empêche de déterminer précisément les paramètres physiques du système de Jupiter (ainsi, l'accélération séculaire de Io est très mal connue). De même, cela gêne la compréhension fine de la dynamique de ces satellites, notamment celle de l'origine de la résonance laplacienne.
De manière générale, les retombées importantes d'une théorie sont : 
- une meilleure connaissance des masses et paramètres dynamiques du système planétaire correspondant,
- une amélioration attendue de la précision sur la position de la planète elle-même par le biais de l'observation de ces satellites, et
- la possibilité de mise en évidence d'interactions faibles ou à très long terme (éventuellement non gravitationnelles) non prises en compte dans la modélisation actuelle.
Une nouvelle théorie dynamique des satellites galiléens, ajustée aux observations, a été élaborée (thèse V. Lainey). La solution a ensuite été ajustée à plusieurs types d'observations (photographiques, CCD et phénomènes mutuels) réalisées entre les années 1891 et 2002. Un total de plus de 2000 observations a été utilisé, dont les observations :
- des campagnes d'observations de phénomènes mutuels organisées par l'IMCCE
- des campagnes PHEMU, de 1985 et 1991.
Cette représentation a aujourd'hui une fidélité de représentation de quelques dizaines de kilomètres sur un siècle, et reste définie sur plus de 1500 ans. Elle a été mise sous la forme d'une série quasi-périodique dont les arguments sont des combinaisons entières d'arguments fondamentaux. Cette forme permet l'identification de toutes les perturbations significatives du système.
Avec la thèse de B. Noyelles, nous avons mené une étude analogue à celle de la résonance Mimas-Téthys dans le système des satellites galiléens. Il s'agit de l'étude de la dynamique à long terme de ces satellites, et notamment les effets de l'inégalité de De Haerdtl 3:7 entre Ganymède et Callisto. Nous avons montré que celle-ci était génératrice de chaos et qu'elle pouvait expliquer l'actuelle différenciation de Ganymède, en ayant provoqué un intense épisode de chauffage de marée dans le passé, par forçage de l'excentricité de Ganymède.

Analyse d'observations
Le LAL a pris part à la campagne d'observations de phénomènes mutuels de satellites de Jupiter (PHEMU03 de l'IMCCE) avec notamment 13 observations à la lunette de l'Observatoire de Lille. Notre équipe acquiert une expérience de plus en plus importante dans ce domaine puisque nous avons réduit toutes les observations de la campagne PHESAT95 (observations de phénomènes mutuels de satellites de Saturne faites en 1995 dans 17 observatoires internationaux). De plus, nous avons été sollicités pour réduire des observations de la campagne PHEMU03 faites ailleurs, notamment à Bordeaux et à l'Observatoire du Yunnan (Chine). La précision obtenue est de l'ordre de 0."02.
Ces observations de phénomènes mutuels sont les plus précises aujourd'hui (environ quelques dizaines de kilomètres). En effet, elles sont photométriques, dans la mesure où l'on observe un événement (occultation ou éclipse d'un satellite) via l'observation d'une chute en flux et contrairement aux observations de positions, la précision de ce type d'observation reste excellente quelque soit la distance de l'objet. Ces observations sont très utiles pour détecter une accélération séculaire dans les longitudes moyennes, induites par des effets de marées. Une telle détection pourrait permettre une meilleure connaissance de la structure interne des satellites concernés comme par exemple la profondeur des océans.
Une étude des écarts entre les positions observées et calculées d'observations astrométriques de satellites - et plus particulièrement des observations CCD - nous a conduits à discuter du statut de celles-ci lors de la constitution d'une base de données. Une réduction astrométrique adaptée au cas de mesures inter-satellites sans étoile de référence permet de donner des coordonnées à un facteur d'échelle et à une rotation près. Ces positions sont réellement astrométriques, dans le sens où aucune considération astrométrique n'est nécessaire pour les utiliser, même si l'on désire retoucher la calibration. 
La réduction a été appliquée à des observations brésiliennes de 1995 ainsi qu’à des observations chinoises de 1996-2000. Les observations du Nacional de Itajubá au Brésil ont donné 6006 positions différentielles dont la dispersion est de 0."07. Celles de l'Observatoire de Yunnan : 913 positions différentielles dont la dispersion est de 0"04. 
Cette collaboration se poursuit en réduisant une autre série d'observations du même observatoire brésilien. 
Lors de la visite de Q.Y. Peng à Lille 1 début 2004, nous avons mis au point une méthode précise de calibration astrométrique pour des images CCD à petit champ grâce à l'utilisation d'étoiles secondaires. Sa faisabilité et sa précision ont été testées sur des observations de Phoebé le 9ème satellite de Saturne.

Etude de la dynamique des comètes
Ce domaine d'activités de recherche est nouveau au LAL. 
La recherche en cours se place essentiellement dans le cadre de l'étude à long terme de la dynamique des comètes du nuage de Oort. Le nuage de Oort, qui correspond à la région la plus externe du système solaire, est un résidu de la formation du système solaire.
La compréhension de la dynamique des comètes du nuage de Oort est donc déterminante pour fixer des contraintes aux modèles de formation du système solaire.
D'autre part, les processus dynamiques permettant de produire des comètes de type Halley  ( période  entre  20  et  200 ans)  et  des comètes à longue période (supérieure à 200 ans) mais avec un demi-grand axe inférieur à 10 000 UA sont encore mal compris.
Pour bien comprendre la dynamique des comètes du nuage de Oort, il est nécessaire d'intégrer un grand nombre de comètes fictives sur des échelles de temps de l'ordre de l'âge du système solaire.
Lors de leur déplacement, les comètes sont perturbées par la Galaxie dans son ensemble (marée galactique), les étoiles passant au voisinage du Soleil, les perturbations planétaires, et les nuages moléculaires géants. Un travail important a été consacré à l'optimisation des modèles de perturbations galactiques et stellaires.
Nos premiers résultats publiés montrent que, contrairement à  l'idée acceptée depuis deux décennies, les perturbations galactiques ne sont pas suffisantes pour expliquer la dynamique à long terme des comètes du nuage de Oort, mais qu'une synergie avec les perturbations stellaires prend place. Cette synergie modifie drastiquement le flux de comète vers les régions observables depuis la Terre, ainsi que la distribution des éléments orbitaux de ces comètes. En outre, on a pu montrer que la distribution de la direction des périhélies des comètes réelles observées, bien que montrant le signe de l'influence des perturbations galactique, n'est pas une indication suffisante pour réfuter l'hypothèse qu'on se trouve au milieu d'une pluie cométaire. En effet, nos résultats montrent que même pendant une pluie cométaire due à une étoile passant proche du Soleil, la marque de la marée sur la direction des périhélies reste observable.

Rotation de Titan
En collaboration avec l'université de Namur, une théorie analytique de la rotation de Titan à 3 degrés de liberté a été élaborée. Ce travail a consisté à  utiliser les données les plus récentes de la sonde Cassini sur le champ de gravitation de Titan pour construire cette théorie qui considère Titan comme un ellipsoïde rigide. 
Ce travail a donné lieu à  2 articles :
    *      le premier, accepté pour publication dans A&A, décrit la partie forcée de la rotation de Titan (forcée par l'influence gravitationnelle de Saturne) ainsi que la partie libre (dépendant des conditions initiales). 
    *      le deuxième article, soumis à Celestial Mechanics, étudie la possibilité d'un forçage résonant d'une fréquence libre de la rotation, ainsi que ses conséquences sur la dissipation d'énergie à  l'intérieur de Titan (et donc ses conséquences sur la structure interne).




Dernière mise à jour le 15.10.2009